vendredi 17 novembre 2017

Et à quand la 100e sélection de Henri Camara ?

Henri Camara au Mondial 2002 contre la Suède


Oui, nous sommes qualifiés pour la Coupe du Monde. C'est une excellente nouvelle !

Aliou Cissé deviendra le premier Sénégalais à participer à cette compétition en tant que joueur et entraîneur. C'est une réalisation encore plus remarquable !

Cependant, quand est-ce que nous honorerons nos fils qui ont fièrement porté le drapeau du Sénégal et écrit les plus belles pages de notre histoire footballistique ? Une erreur répétée n'est plus une simple faute, mais plutôt une volonté délibérée de dénigrer nos héros pour des raisons qui nous échappent. Je pense que l'exemple de Bocandé (Que son âme repose en paix) devrait nous servir de leçon, car ce n'est qu'après sa disparition que beaucoup de Sénégalais ont pris conscience des sacrifices et des services qu'il a rendus à sa nation.

Aujourd'hui, nous avons une légende vivante en la personne de Henri Camara, toujours en compétition et toujours à la poursuite de sa 100e sélection (d'honneur). Il est le footballeur sénégalais le plus capé de l'histoire, avec 99 sélections à son actif. Il est également le meilleur buteur en activité de l'équipe nationale, avec 29 réalisations, et il fait partie de la glorieuse génération de 2002 qui a inspiré tout un continent. Il a mené le Sénégal en quart de finale de la Coupe du Monde et a toujours fait preuve de patriotisme tout au long de sa carrière.

Certes, il n'a plus la même agilité qu'à 22 ans. Il n'a plus cette vivacité qui lui permettait de déjouer toute la défense suédoise pour marquer le but en or, au grand bonheur de tout un peuple. Mais honorer Henri Camara et d'autres partenaires avec qui il a partagé des moments glorieux est une question d'honneur et de reconnaissance que le Sénégal leur doit.

En juin 2018, nous participerons à notre deuxième Coupe du Monde. Les matchs amicaux pourraient être une occasion parfaite pour rendre un hommage émouvant à Henri Camara. Je rêve déjà d'un stade L.S.S. bondé de supporters, chacun arborant un tee-shirt blanc floqué du chiffre "100", symbolisant la longévité de notre héros national. J'imagine "le lapin flingueur", comme on le surnomme, sortant à la 77e minute (le 7 étant le numéro qu'il portait en sélection), sous les acclamations du public avec qui il a partagé les plus grands moments de sa carrière.

Honorons nos héros !

jeudi 2 novembre 2017

Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : les proches réclament toujours justice

Exposition hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon
au CESTI

Enlevés et assassinés en 2013 au Mali lors d'un reportage, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été honorés mercredi 1er novembre au CESTI. Cette exposition a rassemblé les parents des victimes ainsi que des membres de la société civile sénégalaise. Bien qu'ils aient salué l'intérêt et l'implication de la presse locale dans cette affaire, ils ont déploré la lenteur du traitement du dossier.

L'exposition a débuté dans un cadre sobre, en présence des étudiants du CESTI et de quelques journalistes des principaux médias sénégalais. Ce qui a marqué cet événement cette année, c'est la présence des proches des victimes, notamment la fille de Claude Verlon et la mère de Ghislaine Dupont. Des témoignages, des échanges et des revendications ont caractérisé cette exposition, qui pourrait relancer ce dossier en attente depuis quatre ans d'un traitement judiciaire digne de ce nom.

"Absence de collaboration entre la justice française et malienne..."

Des années après l'assassinat des deux journalistes français, le dossier peine toujours à progresser au niveau judiciaire. "Il y a une absence de collaboration entre la justice française et malienne dans cette affaire", a déclaré Marie Christine Saragosse, PDG de France Média Monde. Selon elle, aucun effort n'est entrepris entre les deux pays pour résoudre définitivement cette affaire. Des propos corroborés par le correspondant de RFI au Mali, Serge Daniel, qui qualifie cette affaire de "page blanche". "L'enquête n'a pas avancé. La justice malienne pense que la vérité peut surgir grâce à la justice française", révèle le journaliste franco-béninois.

Une situation qui plonge les parents des victimes dans le désarroi et les incite à réclamer toujours justice. Interrogée par un journaliste, Marie Solange, mère de Ghislaine Dupont, regrette le cours des événements : "J'avais moi-même écrit au président Aboubacar en tant que mère de famille en lui posant des questions. Mais ces questions sont restées sans réponse." Les défenseurs des droits de l'homme se sont également impliqués dans cette affaire et apportent leur soutien aux familles des journalistes décédés. Pour Me Assane Dioma Ndiaye, coordinateur de la Ligue sénégalaise des droits de l'homme, "cette affaire doit être considérée comme relevant des crimes contre l'humanité".

Le cas de la Gambie également évoqué

L'assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon n'était pas le seul sujet de discussion lors de l'exposition. La situation en Gambie a également été abordée, avec la participation de certains acteurs concernés. Selon Aicha Dabo, journaliste-activiste sénégalo-gambienne, "110 journalistes ont quitté la Gambie sous le régime de Yahya Jammeh".

Le fils de Deyda Hydara, journaliste assassiné en Gambie, était également présent et a exposé les actions qu'il mène pour que justice soit rendue. "Nous avons formé une association regroupant plus de 400 victimes. Nous allons traduire en justice le régime de Yahya Jammeh", a déclaré Baba Hydara. Il partage également la douleur des proches de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, qualifiant leur assassinat d'acte sauvage.


jeudi 26 octobre 2017

Afrique du Sud/Sénégal : pourquoi le choix de Janny Sikazwe suscite t-il des doutes ?

L'arbitre zambien, Janny Sikazwe

Pour le match à rejouer entre l’Afrique du Sud et le Sénégal le 10 novembre prochain à Polokwane, la commission arbitrale de la CAF a désigné Janny Sikazwe pour officier la rencontre. Cette décision intervient dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde Russie 2018 et aura sans doute un impact majeur sur le destin des deux équipes. Cependant, des controverses persistent concernant le choix de l'arbitre zambien, Janny Sikakazwe, dont les récentes prestations ont été largement critiquées.

Né à Kapiri Mposhi, une ville zambienne située au nord de Lusaka, Janny Sikazwe est un arbitre international qui a officié lors de grandes compétitions. Âgé de 38 ans, il a notamment dirigé la finale de la Coupe du Monde des clubs en 2016 opposant le Real Madrid au club japonais Kashima Antlers, remportée par l'équipe espagnole. Il a également arbitré le quart de finale de la CAN 2017 entre le Sénégal et le Cameroun, remporté par les Lions indomptables aux tirs au but.

Malgré son expérience, la carrière de l’arbitre zambien n'est pas sans reproches. Il a été plusieurs fois critiqué, notamment lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2014. Lors du match décisif entre le Burkina Faso et l’Algérie, Sikazwe a accordé un penalty controversé en faveur des Burkinabés, contribuant ainsi à leur victoire. Cette décision a suscité de vives réactions, certains laissant entendre qu'il pourrait y avoir eu des pressions extérieures sur les arbitres.

Lors de la Coupe du Monde des clubs en 2016, Sikazwe a également fait parler de lui. Pendant la finale opposant le Real Madrid au Kashima Antlers, il a initialement sorti un carton jaune pour Sergio Ramos avant de revenir sur sa décision. Cette volte-face a suscité des interrogations sur sa capacité à arbitrer de manière impartiale.

La désignation de Sikazwe pour le match entre l’Afrique du Sud et le Sénégal a ravivé les inquiétudes dans le monde du football sénégalais. Les Lions de la Teranga ont besoin d'un seul point pour se qualifier à la Coupe du Monde, et l'enjeu de cette rencontre est donc crucial pour eux.

lundi 23 octobre 2017

Privés de Sadio Mané, les Reds de Liverpool se montrent souvent moins efficaces dans le secteur offensif


Alors que Liverpool connaît un début de saison difficile en Premier League, Jürgen Klopp devra une fois de plus se passer de Sadio Mané pour le match crucial contre Tottenham, dimanche. Bien que l'entraîneur allemand puisse compter sur d'autres joueurs talentueux en attaque, les Reds ne sont jamais tout à fait les mêmes sans l'attaquant sénégalais.

Parfois, l'absence d'une seule personne peut tout changer. Les Reds en savent quelque chose, eux qui ont souvent souffert de l'absence de Philippe Coutinho. Depuis la saison dernière, cet adage s'applique également à Sadio Mané, dont les quelques absences ont été ressenties dans les rangs de Liverpool. La crainte de le voir sortir blessé aux adducteurs lors du match du Sénégal contre le Cap-Vert le 7 octobre dernier a semé l'inquiétude chez les supporters d'Anfield. Quelques mois seulement après son opération du genou, la perspective de complications physiques pour leur chouchou a hanté les fans de Liverpool. Finalement, le Lion de la Teranga a été annoncé absent pour six semaines. Le risque ? Voir le secteur offensif de Liverpool tourner au ralenti.

De son côté, Jürgen Klopp a choisi de rester optimiste : "Heureusement, nous pouvons jouer au football sans Sadio. Nous l'avons fait plusieurs fois", a déclaré l'entraîneur allemand en conférence de presse. Jouer au football, oui, mais avec moins de succès. En l'absence de Sadio Mané, Liverpool ne remporte que 38% de ses matches, contre 60% lorsqu'il est présent sur le terrain. Les occasions de but se font moins nombreuses et le trio offensif de Liverpool marque en moyenne un but de moins par match (2,3 buts/match avec Mané, 1,3 but/match sans lui). La saison dernière, ses absences avaient eu un impact significatif. En janvier, pendant la Coupe d'Afrique des Nations, Liverpool n'a remporté qu'une seule victoire en sept matches et a été éliminé des deux coupes nationales anglaises.

Cette saison, son importance reste indéniable, malgré un début de saison mitigé pour les Reds. Après son expulsion contre City, Sadio Mané a cruellement manqué à son équipe. Contre Burnley et Leicester en League Cup, Liverpool a eu du mal à percer la défense adverse. Bien que la victoire contre Leicester en championnat ait été un soulagement, la blessure de Mané n'augure rien de bon pour les semaines à venir.


samedi 4 juin 2016

Le message fort du selectionneur Aliou Cissé après Burundi-Sénégal



"Après le tirage je disais au soir du 10 avril que l’objectif raisonnable était de sortir de cette poule. Il faut que l'équipe du Sénégal continue à s’améliorer et nous sommes entrain de poser les bases du progrès. Et aussi disposer d'une équipe au complet et au top. Pour cela il faut du temps. Cela reste encore valable. Une étape est franchie mais la compétition n’est pas finie. Avec le même sérieux et le même engagement nous aborderons le dernier match en septembre chez nous contre la Namibie. C’est juste un objectif intermédiaire qui vient d’être atteint. Le chantier est long.
Il faudra y aller avec de l’ambition mais sans aucune prétention en respectant nos adversaires. En étant sérieux. On a le potentiel mais les adversaires sont aussi de qualité avec chacun son vécu sur le continent. Nous jouerons crânement nos chances avec la même détermination.
Bravo à toute l’équipe. Nous y avons tous cru nous l’avons réussi ensemble. Merci d’avoir écourté vos vacances au service du Pays. Une nouvelle étape nous attend. Le travail continue dans l’humilité. Merci aux autorités merci aux dirigeants fédéraux merci au public sénégalais. Ensembles nous y arriverons. 
Le chemin est encore long. Félicitations à tous. Vive notre Sénégal"

Aliou Cissé, selectionneur de l'équipe nationale du Sénégal de football

Mohamed Ali : la légende nous a quitté !



« Le plus grand », comme Mohamed Ali aimait à se décrire lui-même, est décédé le vendredi 3 juin à Phoenix (Arizona), d'une insuffisance respiratoire, à l'âge de 74 ans.

Après une lutte de trente-deux ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali, l'une des dernières icônes planétaires du sport, a finalement été terrassé. Il restera à jamais une figure imposante, une voix forte qui n'hésitait pas à défendre ses valeurs avec véhémence, que ce soit par ses mots ou par ses poings, contre ceux qui lui manquaient de respect.

Mohamed Ali est né Cassius Clay à Louisville, dans le Kentucky, le 17 janvier 1942, dans ce qu'il qualifiait lui-même d'environnement pauvre, bien que sa famille ait toujours préféré le terme modeste. Son père, Cassius Marcellus Clay Senior, était peintre d'affiches publicitaires, et sa mère, Odessa, travaillait comme femme de ménage chez les riches blancs, tout en élevant ses deux fils.

Le « boxeur poète »

Après une carrière amateur remarquable - incluant une médaille d'or olympique dans la catégorie des mi-lourds (75-81 kg) aux Jeux de Rome en 1960 et un impressionnant palmarès de 100 victoires sur 108 combats -, Cassius Clay, comme il se nommait alors, se préparait pour son premier championnat du monde, prévu à Miami le 25 février 1964, contre le redoutable Sonny Liston. À 32 ans, ce dernier était le favori avec une cote de huit contre un. Pourtant, c'est le jeune Apollon de 22 ans qui, déjà surnommé le « boxeur poète », bouscula son aîné, le forçant à abandonner au 7e round en raison d'une blessure à l'épaule gauche. Durant le combat, Sonny Liston avait tenté de l'aveugler pour éviter une défaite humiliante. Pour ce combat, Clay toucha 650 000 dollars contre 1,15 million pour Liston.

Mais pour beaucoup, ce combat fut entaché de controverses. Cette année-là, Cassius Clay disparut pour laisser place à Cassius X, renonçant à son nom d'esclave hérité de ses anciens maîtres blancs. Il devint Mohamed Ali et exigea qu'on l'appelle désormais par son nom musulman. Il rejoignit la secte Nation of Islam dirigée par Elijah Muhammad, fréquentant notamment Malcom X.

Le refus du service militaire au Vietnam

La revanche contre Liston se matérialisa, mais le 25 mai 1965, à Lewiston, Sonny Liston fut terrassé dès le premier round. « Debout et bats-toi, enfoiré », cria Mohamed Ali. C'est la victoire la plus rapide de l'histoire des championnats du monde de poids lourds. Mais encore une fois, le combat fut controversé...

En 1966, la guerre du Vietnam vint troubler la vie de Mohamed Ali. Il refusa d'y participer en invoquant des raisons religieuses, affirmant : « Pour moi, les Vietcongs sont des Asiatiques noirs, et je n'ai pas à combattre des Noirs ». En conséquence, il fut condamné à cinq ans de prison et à une amende de 10 000 dollars le 21 juin 1967. Son titre de champion du monde et sa licence de boxe lui furent retirés.

Mais Mohamed Ali ne baissa pas les bras. En 1970, sa licence lui fut rendue, un tribunal ayant jugé qu'une condamnation pour insoumission ne justifiait pas une telle sanction contre son moyen de subsistance. Le ring retrouva alors son maître, et Mohamed Ali reprit sa série de combats et de victoires. Son objectif principal était de reconquérir le titre. Le 8 mars 1971, au Madison Square Garden de New York, eut lieu ce qu'on appela « le combat du siècle » : Mohamed Ali affronta le champion du monde en titre, Joe Frazier.

Mohamed Ali perdit ce combat aux points, mais ce fut le début d'une longue quête. En 1974, il prit sa revanche sur George Foreman dans un combat légendaire baptisé « le grondement de la jungle », organisé à Kinshasa, au Zaïre. Mohamed Ali, dans une stratégie étonnante, encaissa les coups de Foreman pendant sept rounds avant de l'achever au huitième. C'était sa troisième reconquête du titre de champion du monde. Il défendit ce titre avec succès à neuf reprises avant de le perdre aux points le 15 février 1978, à Las Vegas, face à Leon Spinks. Sept mois plus tard, il le récupéra pour la troisième fois.

En 1981, après vingt et un ans de carrière professionnelle, Mohamed Ali raccrocha les gants. Son bilan chez les professionnels se composait de 61 combats, 56 victoires - dont 37 par KO - et 5 défaites.

En 1984, il fut diagnostiqué avec la maladie de Parkinson. Dès lors, il consacra sa vie à promouvoir la paix, prêchant les valeurs de l'islam. Il reçut même une étoile sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles, bien qu'elle fut accrochée sur un mur à l'entrée du Kodak Theater plutôt que sur le trottoir, car il ne souhaitait pas qu'on piétine le nom du Prophète.