vendredi 7 août 2015

Adama KANDE : « Les clubs sénégalais veulent aller en Afrique, quémander de gauche à droite… »


Depuis l’ère professionnelle du football sénégalais, on assiste au même cas de figure avec des champions en titre qui n’arrivent plus à conserver leur statut. Si certains se contentent de jouer les seconds rôles, d’autres se battent pour éviter la relégation à l’image de l’AS Pikine qui a retrouvé la Ligue 2 un an après avoir remporté le championnat. Une situation qui nous a conduits d’aller à l’encontre d’Adama Kandé, journaliste sportif à la 2S TV afin de soulever les causes de ces échecs avant de suggérer les solutions possibles.
Entretien
Mr.Kandé on constate ces dernières années que les champions sortants n’arrivent plus à confirmer leur statut, selon vous qu’est ce qui explique ces mauvaises performances ?
Je crois que si on prend deux exemples comme Diambars et Pikine (ndlr : champions en 2013 et 2014), chaque équipe a ses réalités et c’est deux exemples différents. Autrement dit les raisons qui ont amené Pikine à souffrir et aller en 2ème division ne sont pas les mêmes qui ont failli amener Pikine en 2ème division. Parce que pour Diambars, on note une instabilité parce qu’il ya eu beaucoup de changements au niveau de l’effectif. Diambars devait aller en Afrique, il a recruté des joueurs, ce n’était pas huilé et y’avait eu des départs. L’entraineur n’avait pas eu le temps de bien huiler son effectif. C’est pour cela qu’il a eu ces difficultés. Alors que pour Pikine c’est un autre problème. On ne peut pas parler d’instabilité car à part Sangoné Sarr et Adama Mbaye, tout le monde est resté. L’entraineur était là, le staff était là et les autres joueurs étaient là. Mais Pikine a eu certains problèmes. L’histoire de Modou Fall avec certains supporters, ensuite avec certains dirigeants. Il a dit que certains lui mettaient des bâtons dans les roues. Donc ce qui avait prévalu auparavant et ce qui avait valu à Pikine le doublé Coupe-Championnat. A mon avis c’est ce qui a fait qu’aujourd’hui Pikine retrouve la deuxième division. Parce que y’a eu des problèmes personnels qui ont fait que l’entraineur est parti alors qu’il n’a pas fini sa saison. Le président a présenté sa démission en pleine saison. Donc vous avez vu que ce n’est pas les mêmes cas. Là c’est une instabilité et de l’autre coté c’est des querelles qui ont fait que l’équipe est tombée en deuxième division.
La participation des champions en titre aux compétitions africaines avec un budget minime ne constitue-t-elle pas un handicap pour eux ?
Oui ça peut être une raison. Mais pour Diambars y’a pas eu des problèmes de moyens parce qu’ils ont eu les moyens avec l’organisation qu’il ya sur place. Ils peuvent trouver des sponsors facilement. Y’avait pas de problème. Pour Pikine peut être oui. Ça me rappelle un peu l’Olympique de Ngor. Vous avez vu l’Olympique de Ngor cette année, il a failli aller en Ligue 2 parce qu’ils étaient en compétition africaine c'est-à-dire en coupe de la CAF. Donc y’a pas assez de moyens. Ils veulent aller en Afrique avec de longs voyages, quémander de gauche à droite, ce n’est pas évident. Puis retourner pour rattraper des journées et ça perturbe le staff technique et les joueurs. Donc être en Afrique et être sur plusieurs fronts, ça aussi peut être une raison. Mais n’oubliez pas que y’a d’autres clubs africains qui sont en combat sur des fronts africains comme la Coupe de la CAF ou Ligue des champions et qui brillent en championnat. Donc je crois que s’il ya les moyens nécessaires pour pouvoir être en combat sur plusieurs fronts ya pas de problème.
En tant qu’observateur, quelles sont les solutions possibles afin que ces champions sortants puissent faire une bonne figuration après l’année de sacre ?
La solution c’est d’abord les moyens. Il faut impérativement des moyens. S’il n’y a pas les moyens rien n’est possible. Parce qu’il faut des moyens pour pouvoir recruter le maximum de joueurs pour avoir un bon effectif par exemple deux équipes. Si on a deux équipes qui sont interchangeables, là il n’y a pas de problème. Donc les moyens ensuite la stabilité, maintenir les entraineurs, éviter de changer tout le temps et puis éviter les querelles qui nuisent la stabilité, la bonne organisation et la bonne ambiance. Parce qu’à chaque fois que ya querelles, il n’y a pas une bonne ambiance et s’il n’y a pas une bonne ambiance y’aura pas d’entente et c’est ce qui aboutit souvent. Donc il faut chercher des moyens, ensuite cultiver l’entente, éviter les problèmes avec une petite organisation. N’oubliez pas qu’on a connu par le passé une brillante expérience avec la Jeanne d’arc avec feu Omar SECK. Ils étaient performants sur le plan local, ils sont allés en finale de coupe CAF et en demi-finale de ligue des champions parce qu’Oumar SECK mettait les moyens en allant recruter dans la sous région, en Gambie, en Guinée, au Mali et au Burkina Faso. Donc il avait les moyens d’avoir un bon effectif avec des joueurs qui étaient bien payés et qui n’avaient pas besoin de s’expatrier. Donc si on a ça, s’il ya cette bonne organisation c'est-à-dire les moyens je pense que tôt ou tard on arrivera à stabiliser les équipes c'est-à-dire voir des équipes remportés le titre de champion et faire bonne figure en Afrique et pourquoi pas prétendre à sa propre succession.

                                                                             Boury DIAKHATE

mercredi 5 août 2015

L’AS Douanes au trône du football sénégalais


L'AS Douanes a écrit une nouvelle page de son histoire en réalisant un doublé historique en remportant à la fois le championnat et la coupe de la ligue. Après avoir été reléguée en division inférieure lors de la saison 2012-2013, l'équipe a su rebondir rapidement, remportant le titre de champion en Ligue 2 et revenant en élite. Cette saison a été marquée par une performance exceptionnelle de l'AS Douanes, qui a su imposer sa domination dans le football local.

Dirigée par Karim Sega DIOUF, l'équipe a progressivement revu ses ambitions à la hausse et s'est distinguée par une défense solide, notamment grâce à Youssoupha KONATE. Malgré une compétition féroce avec des équipes telles que Niarry Tally et Diambars, l'AS Douanes a maintenu sa position de leader tout au long des 26 journées de championnat, remportant finalement le titre dans un suspense palpitant lors de la dernière journée.

Dans une finale de coupe de la ligue contre le Dakar Sacré Cœur, l'AS Douanes avait l'opportunité de réaliser un doublé historique. Grâce à des performances exceptionnelles, notamment de Sory KEITA, l'équipe a remporté le match 3-1, ajoutant un deuxième trophée à sa collection.

Ce doublé a permis à l'AS Douanes de marquer l'histoire du football sénégalais, devenant la première équipe à remporter deux fois la coupe de la ligue et le premier promu à remporter le championnat de la Ligue 1. Ces performances exceptionnelles ont consolidé sa position de leader dans le football sénégalais, faisant de l'AS Douanes une force à reconnaître sur l'échiquier national.

                                                        

mardi 4 août 2015

Pourquoi les champions sortants ne confirment plus ?


La La situation est devenue malheureusement une coutume avec des champions sortants qui n'arrivent plus à confirmer leur statut. Depuis ces dernières années, nous assistons à une série de dégringolades de la part des équipes championnes dans l'élite du football sénégalais. Si certaines jouent les seconds rôles après un sacre, d'autres luttent pour le maintien afin d'éviter une relégation en division inférieure. Diverses raisons sont avancées pour expliquer ces mauvaises performances.

Nous sommes loin de l'époque où des équipes comme la Jeanne d'Arc de Dakar dominaient la première division, remportant le championnat à plusieurs reprises dans les années 2000, ou l'AS Douanes qui a également marqué l'histoire avec des succès consécutifs. Depuis la professionnalisation du championnat local en 2009, aucune équipe vainqueur n'a réussi à conserver son titre l'année suivante. Malgré des débuts prometteurs, les équipes championnes rencontrent souvent des difficultés dès la saison suivante, parfois même se retrouvant reléguées.

Plusieurs facteurs contribuent à ces revers :

  1. Manque de stabilité au sein de l'effectif : Les équipes championnes voient souvent leurs meilleurs joueurs partir à l'étranger après chaque saison, cherchant à monnayer leur talent à l'extérieur. Cela crée une instabilité dans l'équipe, obligeant les entraîneurs à reconstruire une équipe solide en peu de temps.

  2. Conflits internes dans les clubs : Les succès sont parfois suivis de querelles internes au sein des clubs, ce qui peut conduire à une mauvaise organisation et à des tensions préjudiciables à la performance de l'équipe.

  3. Insuffisance de moyens : La plupart des clubs sénégalais manquent de ressources financières, ce qui se traduit par des retards de salaire et des difficultés à honorer leurs engagements, notamment lors de compétitions continentales.

Pour remédier à cette situation, il est impératif de fournir aux clubs locaux les moyens nécessaires pour maintenir leur niveau de performance. Cela implique de garantir une stabilité au sein de l'effectif, d'éviter les querelles internes et de leur fournir des ressources financières adéquates. La leçon à tirer des échecs des champions sortants est claire : une combinaison d'organisation et de soutien financier est essentielle pour permettre aux clubs de maintenir leur niveau de performance sur le long terme.

Il reste à voir si l'AS Douanes, actuel champion, saura tirer des leçons des erreurs de ses prédécesseurs et respecter cette logique, ou si elle rencontrera les mêmes difficultés la saison prochaine.



mercredi 22 juillet 2015

Messi au Gabon: La visite de la honte


C'est une véritable honte pour l'Afrique. Alors que tant de besoins essentiels restent non satisfaits, que des femmes meurent en accouchant faute d'infrastructures médicales adéquates, que la faim ravage certains villages et que les étudiants vivent dans la précarité à cause du non-paiement des bourses, le président Ali Bongo choisit de dépenser près d'un milliard de francs pour la simple présence de Léo Messi lors de l'inauguration d'un nouveau stade.

Certes, la venue de la star argentine a suscité des rêves chez de nombreux jeunes Gabonais aspirant à une carrière professionnelle dans le football. Mais ce coût exorbitant est injustifiable, surtout lorsque l'on considère que la fortune de Messi dépasse largement le budget du pays. Pourquoi gaspiller une telle somme alors qu'elle aurait pu être utilisée à des fins bien plus urgentes, telles que la formation des jeunes talents locaux ou le soutien aux clubs locaux ?

Investir dans la formation des jeunes aurait permis à long terme l'émergence du football gabonais, tout en renforçant la participation des clubs locaux aux compétitions africaines telles que la Ligue des Champions et la Coupe de la Confédération Africaine de Football (CAF).

Malheureusement, le président semble avoir d'autres priorités. Il préfère gaspiller l'argent du contribuable pour une personne qui a fait preuve d'un manque de respect flagrant envers la population gabonaise. Lors de sa venue, l'attaquant du FC Barcelone est apparu dans une tenue indigne d'une personnalité publique, avec un simple short et un tee-shirt, comme s'il se rendait à un tournoi de tennis à Roland Garros.

J'aurais préféré voir à la place de Messi un joueur comme Pierre-Emerick Aubameyang, qui, bien que n'ayant pas le même palmarès que Messi, représente dignement son pays sur les terrains européens. Aubameyang incarne le patriotisme et l'engagement envers son équipe nationale, ce qui aurait été un exemple bien plus positif pour la jeunesse gabonaise.




jeudi 2 juillet 2015

Equipes nationales : La petite catégorie impose sa souveraineté


Au moment où l'équipe nationale A accumule les déceptions, les sélections jeunes se distinguent par leurs succès répétés, affichant une volonté farouche de bousculer la hiérarchie. Après les cadets en 2011 et les Olympiques en 2012, c'est au tour des juniors de briller, avec une participation remarquable au CHAN 2015 à Dakar, suivie d'une performance exceptionnelle à la Coupe du Monde.

L'équipe nationale cadette, sous la direction de Boucounta Cissé, a réalisé une qualification historique pour la phase finale de la CAN U17 en 2011. Malgré une défaite initiale contre le Ghana, les Lionceaux ont renversé la situation au match retour et se sont qualifiés grâce à une victoire aux tirs au but. Bien que leur parcours à la CAN U17 n'ait pas été couronné de succès, leur jeu de qualité a marqué les esprits.

Les Olympiques ont ensuite écrit une page d'histoire en devenant la première équipe sénégalaise à se qualifier pour les Jeux Olympiques de 2012 à Londres, où ils ont impressionné avec des performances solides contre des adversaires de renom. Malgré leur élimination en quarts de finale, ils ont démontré leur talent et ont attiré l'attention des grands clubs européens.

Les juniors ont poursuivi sur cette lancée avec une participation remarquable au CHAN 2015, où ils ont atteint la finale pour la première fois de leur histoire. Leur parcours à la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande a été tout aussi impressionnant, avec une qualification pour les quarts de finale, où ils ont été éliminés par le Brésil après un parcours exceptionnel.

Ces succès des sélections jeunes ont permis de mettre en lumière le potentiel du football sénégalais au niveau international. Ils ont également souligné l'importance des présidents de club et des centres de formation dans le développement des jeunes talents, malgré les défis liés aux infrastructures et au manque de soutien de l'État.

Ainsi, les équipes jeunes ont prouvé qu'elles étaient capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, et leur succès continue de susciter l'espoir et la fierté au sein de toute une nation.



mercredi 10 décembre 2014

CAN 2015 : Forces et Faiblesses du Sénégal


À l'approche de la CAN 2015, l'excitation est à son comble après l'élimination du champion en titre, le Nigeria. Cette édition s'annonce comme l'une des plus relevées de l'histoire, avec la participation de tous les grands noms du continent. Parmi les favoris, les Lions de la Teranga se distinguent, et la rédaction de Fanatik Sports a analysé leurs forces et leurs faiblesses.

L'équipe garde encore en mémoire la débâcle de Bata en 2012, où elle a été éliminée dès le premier tour avec trois défaites consécutives sur le même score de 2 buts à 1. Cette contre-performance a entraîné le limogeage d'Amara Traoré et l'arrivée de Joseph Koto à la tête de l'équipe, sans succès. Face à cette situation, les dirigeants du football sénégalais ont décidé de faire appel à un sélectionneur plus expérimenté, en la personne d'Alain Giresse. Ce dernier, fort de son expérience avec le Gabon et le Mali, débarque au Sénégal avec un effectif de qualité et une philosophie de jeu bien définie.

Lors des éliminatoires de la CAN 2015, le Sénégal a réalisé une phase de qualification exemplaire, terminant meilleur défense avec seulement un but encaissé en six rencontres. Cette performance a placé l'équipe parmi les favoris incontestables pour la compétition à venir.

Les forces de l'équipe résident notamment dans sa défense solide, avec le duo ou trio défensif composé de Kara, Djilobodji et Sané. Le milieu de terrain est également bien organisé, avec la paire Gana-Kouyaté et le talentueux Pape Kouly Diop. En attaque, Mame Biram Diouf et Sadio Mané forment un duo redoutable.

Le banc des Lions regorge également de talent, avec des joueurs tels que Diafra Sakho, Moussa Sow, Demba Ba, Mohamed Diamé, et bien d'autres.

Cependant, quelques faiblesses persistent, notamment sur le flanc droit où les joueurs manquent parfois de créativité et de précision. Des solutions existent néanmoins sur le banc, avec des joueurs comme Issa Cissokho et Henri Saivet.

La question reste de savoir si Giresse apportera des changements tactiques pour pallier ces faiblesses, ou s'il continuera à faire confiance à ses hommes de confiance. La réponse ne tardera pas à être connue, dans un groupe relevé en compagnie du Ghana, de l'Algérie et de l'Afrique du Sud.

vendredi 28 novembre 2014

Wade déclare la guerre à Macky


Depuis son retour sur la scène politique, Me Abdoulaye Wade continue de faire pression sur Macky Sall pour obtenir la libération de son fils Karim. Entouré de nombreux partisans, l'ancien président s'est une fois de plus engagé dans un affrontement avec son successeur.

Malgré son âge avancé et son statut d'ancien chef d'État, Me Wade reste déterminé et prêt à se battre. Il l'a clairement exprimé lors de sa conférence de presse tenue jeudi à la résidence de Madické Niang. Sa principale obsession reste la libération de son fils, et il est plus motivé que jamais à relever le défi de confronter le président actuel, qu'il accuse d'avoir emprisonné Karim sans justification. Durant cette rencontre avec les journalistes, il a également renouvelé ses attaques contre le frère du président en exercice, affirmant sa volonté de les affronter pour restaurer l'honneur de sa famille.

Frustré par la plainte déposée contre lui par Aliou Sall, le secrétaire général du PDS a lancé un avertissement au régime en place, affirmant sa détermination à engager le combat ultime pour obtenir la libération de son fils Karim Wade.